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Louis Vuitton, les défis d’un succès sans précédent
 
Le 24-03-2015

L’an dernier, les montres «Escale» n’ont jamais atteint les points de vente. En 2015, la marque les décline en plus simple et en plus compliqué. En moins cher et en plus cher

Loin du brouhaha continu, c’est dans le manoir du XVIIIe siècle Wildt’sches Haus, à 2,5 km des halles de Baselworld, que Louis Vuitton s’est installé durant cette semaine horlogère. Une émancipation volontaire, assure le patron de la division horlogerie et bijouterie de la marque, Hamdi Chatti. «Je me suis battu pour ne pas être à Baselworld. Puisque toutes nos montres se vendent via le réseau Louis Vuitton, nous n’avons pas à rencontrer de détaillants. Nous présentons seulement nos nouveautés aux journalistes.»

Parmi ces nouveautés donc, l’«Escale», qui reprend la symbolique des fameuses malles Louis Vuitton et qui, en hommage aux globe-trotters, permet de visualiser l’heure dans les 24 fuseaux horaires.

Son cadran original avait déjà fait son apparition l’année dernière. Mais Louis Vuitton a été victime de son succès. Tous les modèles ont été vendus avant même qu’ils soient exposés en boutique – 430 enseignes dans le monde, dont la moitié propose son offre horlogère. Avec son boîtier en or blanc, la montre était vendue 60 000 francs. Insuffisant pour refroidir les amateurs: l’«Escale» était préréservée et faisait l’objet d’une longue liste d’attente.

Hamdi Chatti précise: environ une montre par semaine a été réalisée dans la manufacture de la marque, à Genève, l’an dernier. Un délai qui s’explique par la complexité du cadran, dont les disques des villes sur lesquels s’échelonnent les blasons miniatures sont peints à la main.

Pénurie embarrassante

Aussi flatteuse soit-elle, cette pénurie était quelque peu embarrassante, concède le patron. «Un client comprend qu’une boutique n’ait pas un modèle en stock, mais il comprend moins le fait de ne pas pouvoir en commander une.» Cette année, la marque renouvelle donc l’expérience «Escale», un peu différemment.

Elle propose un modèle reprenant les mêmes codes, mais dont les blasons sont le résultat d’un transfert des 38 couleurs. Les disques des villes sont décalqués. Cette version, avec son mouvement GMT – indiquant l’heure sur 24 heures – et son boîtier en acier, est plus accessible, avec un prix situé à 5300 euros. Elle sera aussi plus rapide à fabriquer. «Il a fallu trouver des astuces, repenser notre approche. Il est très compliqué de faire plus simple, s’amuse Hamdi Chatti. C’est plus compliqué que de faire une répétition minute.»

S’il évoque cette haute complication en particulier, c’est parce que Louis Vuitton est aussi parti dans l’autre direction de la complexité, la mécanique, l’horlogère, avec son modèle «Escale Répétition Minutes Worldtime», qui combine deux complications: les fuseaux horaires donc, et la répétition minute. Avec la particularité que l’utilisateur peut faire sonner l’heure qu’il est chez lui, quel que soit le pays dans lequel il se trouve, quel que soit le décalage horaire. Avec un boîtier en or rose et en titane, elle est vendue 280 000 euros.

Lorsqu’on l’interroge sur le nombre d’unités de ces deux déclinaisons qu’il espère écouler cette année, Hamdi Chatti assure que Louis Vuitton «suivra la demande». En comptant bien, enfin, voir débarquer ces montres multicolores en magasin.

Servan Peca
LE TEMPS

 



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